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  • Qu'est-ce que la Nouvelle Droite ?...

    Nous reproduisons ci-dessous un entretien donné par François Dambelin au site de la revue Éléments à l'occasion de la publication de son essai intitulé La Nouvelle Droite - Un panorama historique et métapolitique (Institut Iliade/La Nouvelle Librairie, 2026).

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    François Dambelin : qu’est-ce que la Nouvelle Droite ?

    ÉLÉMENTS : Comment définiriez-vous la Nouvelle Droite : un courant de pensée, une école, une sensibilité, une méthode ?

    FRANÇOIS DAMBELIN. Le GRECE, groupement de recherches et d’études pour la civilisation européenne, qui est le noyau originel de ce que l’on appelle la Nouvelle Droite, s’est toujours vu comme une communauté de travail et de pensée, ayant la volonté de développer une nouvelle vision du monde s’appuyant sur un corps de doctrines, jamais figées, abordant tous les domaines de la vie de l’esprit et de la science. L’ambition initiale est bien de devenir une école de pensée, « une sorte de synthèse de l’École de Francfort, de l’Action française et du CNRS », comme le rappelait Alain de Benoist, presque cinquante ans plus tard dans Mémoire vive. Ce n’est évidemment pas un hasard s’il donne à la revue d’études qu’il fonde en 1968, à côté du GRECE, le titre de Nouvelle École.

    Aujourd’hui, alors que le GRECE s’est effacé depuis près de vingt ans, il est plus juste de qualifier la Nouvelle Droite de courant de pensée.

    Mais la méthode d’action reste la même, celle du combat des idées pour défaire l’idéologie dominante, qui combine économisme, individualisme et universalisme et qui étouffe l’Europe.

    ÉLÉMENTS : Quels en sont les grands axes intellectuels qui la distinguent des autres droites, conservatrice ou libérale ? Quelle est sa singularité ?

    FRANÇOIS DAMBELIN.

    Parmi les grands axes intellectuels que l’on peut citer et qui la distingue des autres droites :

    • la vision de l’Europe comme une communauté de peuples frères partageant des origines communes mais aussi une culture, un imaginaire et des mythes communs ;

    • l’attachement à l’idée d’empire, qui, mieux que l’idée de nation, est à même de garantir l’organisation souveraine de l’espace géopolitique européen en respectant sa complexité et sa diversité ;

    • la place accordée au réalisme biologique, qui n’est pas un réductionnisme, mais la simple reconnaissance de la part animale de l’homme et de l’importance de l’héritage génétique ;

    • la reconnaissance de l’appartenance identitaire comme enracinement dans une communauté humaine organique, une histoire, une culture, un terroir, des paysages ;

    • le choix de l’antiracisme différentialiste, qui consiste à prendre en compte et à accepter les différences qui existent entre les individus et entre les groupes d’individus pour permettre leur coexistence harmonieuse ; il en découle évidemment le refus de tous les formes de colonisation ;

    • la recherche systématique de la tierce voie pour s’affranchir des alternatives « bétonnées » ;

    • le refus de la marchandisation du monde (quand tout a un prix et plus rien n’a de valeur, selon la formule d’Alain de Benoist) qui passe par un rejet absolu du libéralisme et par la recherche d’une économie organique, encastrée dans la société et soumise au politique ;

    • et enfin, pour terminer, la conception polythéiste (ou païenne) du monde. Il s’agit là d’une singularité profonde et essentielle de la ND, comme l’ont très bien vu deux observateurs étrangers, auteurs de livres solides sur notre courant de pensée1, et non d’un simple « folklore » comme semble le penser Mathieu Bock-Côté (Éléments n° 218). C’est parfaitement cohérent, en effet, de rejeter des monothéismes universalistes qui arasent les différences et les identités et de leur préférer les valeurs et les normes qui se cachent derrière les visages de nos dieux et de nos héros ancestraux. Il ne s’agit pas de mettre entre parenthèse les deux millénaires chrétiens, il s’agit de les dépasser pour « reprendre le fil d’une culture trouvant en elle-même ses raisons suffisante ».

    C’est une simple esquisse, très personnelle. Il faudrait écrire un livre pour répondre !

    ÉLÉMENTS : Pourquoi avoir fait le choix de la métapolitique plutôt que celui de l’engagement politique direct ? Comment définiriez-vous cette « métapo » ? La Nouvelle Droite aurait-elle renoncé au pouvoir ? Vous montrez néanmoins que ses idées ont infusé : peut-on parler aujourd’hui d’une victoire culturelle sans victoire politique ?

    FRANÇOIS DAMBELIN. Les fondateurs du GRECE ont été pendant les années 60 de jeunes militants révolutionnaires, des soldats politiques, qui ont tout sacrifié à leur engagement pendant près de dix ans. Les échecs qu’ils ont rencontrés, comme la lecture collective de Gramsci, leur ont permis de comprendre qu’aucune victoire politique sérieuse n’était envisageable sans avoir, au préalable, conquis le pouvoir culturel. Ils se sont donc lancés dans le combat des idées, le combat métapolitique, en forgeant d’abord une vision du monde novatrice et cohérente pour défier les idéologies dominantes.

    Comme le disait Jean-Claude Valla, grand journaliste, qui fut le premier secrétaire général du GRECE, la métapolitique, c’est « le domaine des valeurs qui ne relèvent pas du politique, au sens traditionnel de ce terme, mais qui ont une incidence directe sur la constance ou l’absence du consensus social régi par le politique ». Le travail métapolitique, c’est, en quelque sorte, ce qui permet de faire bouger la fenêtre d’Overton.

    Ceux qui mènent le combat métapolitique n’ont donc pas pour objectif de prendre le pouvoir, mais d’imposer une nouvelle vision du monde. Ce sera à d’autres de donner une traduction politique à ce basculement.

    Pour le moment, malheureusement, on en est encore loin. Il y a des prises de conscience (la « politique civilisationnelle »), des percées ici ou là, des escarmouches victorieuses et quelques succès tactiques, mais la victoire n’est pas encore à portée de main. Le système idéologique de la gauche morale, libérale et universaliste tient toujours et conserve le soutien de la très large majorité des élites. On peut donc se demander sur quels changements concrets pourra déboucher dans ces conditions une victoire du courant national-populiste dont les « convictions » évolutives restent de toute façon assez éloignées de celles de la ND…

    ÉLÉMENTS : La Nouvelle Droite est souvent associée à certaines figures, à commencer par Alain de Benoist : peut-on parler d’une école structurée ou d’un archipel de penseurs ?

    FRANÇOIS DAMBELIN. L’école structurée de la ND française a plus ou moins disparu au début des années 90. Il reste un courant ou une mouvance. Alain de Benoist, avec son œuvre imposante riche et diverse et ses revues Krisis et Nouvelle École, en est le pôle principal. Mais il y a aussi la revue Éléments qui est devenue un pôle d’attraction en fédérant autour d’elle des essayistes, des journalistes et des publicistes et l’Institut Iliade qui, avec sa mission de formation, fait émerger de nouveaux talents et devient également un pôle de production d’idées avec sa revue théorique, Cahier d’études pour une pensée européenne. Parmi les jeunes plumes qui ont émergé au cours des dix dernières années dans notre mouvance, c’est sans conteste Guillaume Travers qui m’impressionne le plus. Ses essais ou ses articles pour Nouvelle École et Éléments sont toujours remarquables et novateurs.

    Mais il serait réducteur de ne parler que de la France. La ND est depuis longtemps un courant de pensée européen, une « Révolution conservatrice » à l’échelle du continent. Et depuis quelques années, grâce, notamment, au travail de l’Institut Iliade et d’un réseau de maisons d’éditions comme La Nouvelle Librairie, JungEuropa, Passagio Al Bosco, Arktos et d’autres, les essais importants publiés ici ou là en Europe deviennent accessibles à tous les néo-droitistes européens. C’est une véritable révolution, que je trouve particulièrement enthousiasmante !

    ÉLÉMENTS : Le double moment, populiste et identitaire, contemporain valide-t-il certaines intuitions anciennes de la ND ?

    FRANÇOIS DAMBELIN. La montée en puissance de la question identitaire a été perçue très tôt par la ND. Je me souviens du texte d’une allocution prononcée par Alain de Benoist au colloque du GRECE en 1985, intitulé « Réflexions sur l’identité nationale » qui se terminait par la formule suivante : « SOS Racisme disent certains. Nous répondons : SOS Racines. »

    Quant à la question du populisme, il me semble qu’elle est apparue dans un numéro d’Eléments (n° 84) du milieu des années 90 dont le dossier était consacré à l’insécurité sociale. Dans son éditorial, Robert de Herte notait « une désaffection de plus en plus générale de la société globale vis-à-vis des élites, et tout spécialement d’une classe politique convaincue de ne plus être aujourd’hui qu’un relais politique des marchés financiers ». Les germes de la révolte populiste étaient là et Alain de Benoist a approfondi cette thématique tout au long des années qui ont suivi.

    ÉLÉMENTS : La Nouvelle Droite est-elle toujours vivante ? Sous quelle forme : mouvement, héritage ou climat d’idées ?

    FRANÇOIS DAMBELIN. Comme j’ai devant moi le directeur de la revue Éléments, qui vient de sortir son deux-cent-dix-neuvième numéro et que nous sommes au colloque de l’Institut Iliade qui grouille de monde, avec beaucoup de jeunes et une quasi-parité entre les sexes, je pense que vous ne me démentirez pas si je dis que la ND est bien vivante. Elle a évidemment évolué, s’est parfois un peu diluée, mais une chose est sûre, elle empêche toujours de dormir les flics du politiquement correct et les curés de la bien-pensance !

    François Dambelin, propos recueillis par François Bousquet (Site de la revue Éléments, 20 avril 2025)

    Note :

    1. Tomislav SUNIC, Against Democracy and Equality: The European New Right, Peter Lang Publishing, New York, 1990 ; et Pawel BIELAWSKI, European apostasy – The role of religion in the european New Right, Arktos, London, 2025.

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  • Citoyenneté sans peuple, la fiction politique du droit du sol...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue de Balbino Katz, le chroniqueur des vents et des marées, cueilli sur Polémia et consacré à la question du droit du sol...

     

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    Citoyenneté sans peuple, la fiction politique du droit du sol

    Une querelle juridique qui masque une question vitale

    L’audience portée devant la Cour suprême des États-Unis à propos du droit du sol est présentée comme une controverse constitutionnelle. Elle est en réalité d’une tout autre nature. Ce qui s’y joue n’est pas seulement l’interprétation d’un amendement, mais la définition même du corps politique.

    Le discours dominant s’efforce de ramener cette question à une opposition morale, ouverture contre fermeture, universalité contre exclusion. Cette rhétorique dispense de penser. Elle évite surtout de poser la question décisive, qu’est-ce qu’un citoyen lorsque le peuple auquel il appartient cesse d’être défini ?

    Comme le pensait Pierre Manent, « il n’y a pas de démocratie sans peuple, et il n’y a pas de peuple sans limites ». Or toute extension indéfinie de la citoyenneté tend précisément à abolir ces limites.

    La grande confusion, citoyenneté et nationalité

    L’un des traits majeurs de la modernité tardive réside dans la confusion entretenue entre citoyenneté et nationalité. Cette confusion n’est pas innocente, elle permet de substituer un statut juridique à une réalité historique.

    La citoyenneté, entendue comme participation aux droits politiques, tend à absorber la nationalité, qui désigne pourtant une appartenance plus profonde, culturelle, historique, parfois même anthropologique. Cette substitution permet de faire croire que l’appartenance peut être produite par le droit.

    Or l’expérience historique montre l’inverse. Même les régimes les plus universalistes ont été contraints de reconnaître cette distinction. L’Union soviétique elle-même distinguait la citoyenneté, soviétique, de la nationalité, ethnique. Cette reconnaissance implicite d’une pluralité irréductible des appartenances traduisait une réalité que l’idéologie ne pouvait abolir.

    La citoyenneté libérale, une construction sans mémoire

    La conception libérale de la citoyenneté repose sur une abstraction fondatrice. Elle suppose que l’individu peut être détaché de ses origines, de son histoire, de ses appartenances, pour être reconnu comme sujet de droit.

    Cette vision trouve son expression classique chez Ernest Renan. Mais l’interprétation contemporaine en trahit profondément l’esprit. Car Renan lui-même insistait sur le « riche legs de souvenirs » sans lequel aucun plébiscite n’est possible. La volonté ne suffit pas, elle suppose une mémoire.

    La modernité tardive, décrite par Marcel Gauchet, tend à dissoudre cette mémoire dans l’universalisme des droits. La citoyenneté devient un attribut, un label, une qualité attribuée indépendamment de toute continuité.

    Le droit du sol constitue l’aboutissement de cette logique. Il transforme la naissance en fait générateur d’appartenance, indépendamment de toute inscription dans une histoire commune. Le territoire devient un support administratif, non plus un espace vécu.

    L’illusion de la citoyenneté universelle

    Cette extension indéfinie de la citoyenneté repose sur une illusion, celle d’une communauté politique sans fondement substantiel. Elle suppose que des individus peuvent partager des droits sans partager un monde.

    Dominique Schnapper a montré que la citoyenneté moderne repose sur une tension entre universel et particulier. Lorsque cette tension disparaît au profit du seul universel, la citoyenneté perd sa consistance.

    Le résultat n’est pas l’unité, mais la juxtaposition. Des individus juridiquement égaux coexistent sans nécessairement former un peuple. Le droit produit une fiction d’unité que la réalité sociale dément.

    La conception organique, la citoyenneté comme destin partagé

    Face à cette abstraction, une autre conception subsiste, plus ancienne, plus enracinée. Elle considère la citoyenneté comme l’expression d’une continuité historique.

    Alexis de Tocqueville soulignait que les institutions démocratiques reposent sur des mœurs. Ces mœurs, produit d’une histoire longue, constituent le socle invisible de la citoyenneté.

    Dans une perspective proche, Alain de Benoist rappelle que « toute identité est héritée avant d’être choisie ». Cette formule dit l’essentiel, la citoyenneté ne se décrète pas, elle se reçoit et se transmet.

    Le juriste Carl Schmitt apporte une clé décisive. Le politique suppose une distinction, une capacité à dire qui appartient et qui n’appartient pas. Une citoyenneté indifférenciée tend à abolir cette distinction, et avec elle, la possibilité même du politique.

    Le droit du sol, moteur de la déliaison

    Le débat américain met en lumière une transformation du droit du sol lui-même. Ce qui fut un instrument d’intégration devient un mécanisme de déliaison.

    Les critiques soulignent ses effets concrets, attraction migratoire, stratégies d’ancrage par la naissance, transformation de la citoyenneté en moyen d’accès indirect au territoire. La figure des « anchor babies » illustre cette mutation, la citoyenneté cesse d’être un aboutissement pour devenir un levier.

    Plus profondément, elle tend à produire ce que l’on pourrait appeler une citoyenneté de circonstance. Elle ne procède plus d’une appartenance, mais d’un événement, la naissance sur un sol.

    Cette évolution correspond à ce que Oswald Spengler décrivait comme le destin des civilisations tardives, la survie des formes au prix de la disparition de leur contenu.

    Dissocier pour restaurer

    Face à cette crise, une piste consiste à rétablir la distinction entre nationalité et citoyenneté. La première relèverait de l’appartenance historique, la seconde de la participation politique.

    Une telle dissociation permettrait de reconnaître la réalité des sociétés contemporaines tout en préservant l’existence du corps politique. Elle introduirait une hiérarchie là où règne aujourd’hui la confusion.

    Elle suppose toutefois de rompre avec l’illusion selon laquelle le droit peut produire de l’appartenance. Comme le rappelait Guillaume Faye, une société qui ne se définit plus finit toujours par être définie par d’autres.

    Une question européenne décisive

    L’Europe est désormais confrontée à cette question dans toute son ampleur. Le droit du sol, dans ses différentes déclinaisons, participe à une transformation silencieuse du corps civique.

    Cette transformation ne se limite pas à des statistiques ou à des flux. Elle affecte la perception même de l’appartenance, et donc la cohésion politique.

    Le débat américain ne fait qu’anticiper des interrogations qui s’imposeront, tôt ou tard, aux nations européennes.

    Un révélateur

    Le droit du sol n’est pas un simple mécanisme juridique. Il est un révélateur.

    Il révèle une mutation profonde, le passage d’une citoyenneté enracinée dans une histoire à une citoyenneté produite par le droit. Entre ces deux conceptions, le choix n’est pas technique, il est existentiel.

    Car au terme de cette évolution, une question demeure à laquelle il faudra bien un jour donner une réponse : une communauté politique peut-elle survivre lorsque la citoyenneté n’exprime plus une appartenance, mais seulement une procédure ?

    Balbino Katz (Polémia, 1er avril 2026)

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  • Les jeux...

    Le numéro 60 de la revue Krisis, dirigée par Alain de Benoist, avec pour rédacteur en chef Thomas Hennetier, vient de paraître. Cette nouvelle livraison est consacrée au(x) jeu(x)...

    Vous pouvez commander ce nouveau numéro sur le site de la revue Éléments.

    Bonne lecture !

     

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    " Le jeu n’est jamais ce qu’il prétend être. Derrière l’apparente gratuité de l’activité ludique, derrière la suspension feinte des contraintes ordinaires, se cache presque toujours une fonction plus grave : former, discipliner, transmettre, naturaliser. Il n’existe pas de jeu innocent. Toute société joue, mais elle ne joue jamais sans enjeu. Loin d’être un simple divertissement, le jeu est une institution anthropologique majeure, un dispositif de socialisation qui, sous couvert de fiction, donne à voir les règles réelles du monde – ou, plus exactement, celles que la société souhaite voir intériorisées.
    Il est en effet des notions que la modernité croit avoir neutralisées. Le jeu est de celles-là. Relégué au divertissement, à l’enfance ou au loisir, il semblerait constituer l’envers inoffensif du sérieux économique et politique. Or c’est peut-être l’inverse qui est vrai : et si le jeu était l’une des matrices profondes de notre civilisation – et même l’un de ses moteurs cachés ?
    Ce numéro de Krisis prend cette intuition au sérieux et l’explore dans toutes ses dimensions. Il explore le jeu comme forme anthropologique, comme miroir des civilisations, comme révélateur des fractures sociales, comme moteur économique, comme modèle géopolitique."

    Au sommaire :

    Présentation : Thomas Hennetier / Le jeu comme forme du monde.

    Antoine Dresse / Huizinga et le jeu comme matrice de la culture.

    Entretien avec Guillaume Dagorret et Thibault de Vésinne-Larüe / L’esprit ludique du capitalisme.

    Guillaume Travers / La spéculation financière est-elle un jeu ?

    Thomas Hennetier / Le monde comme plateau : le Monopoly et la formation du sujet capitaliste.

    Alphonse de Clénay / Extension du domaine ludique : Héraclite, Pascal, Schiller.

    Baptiste Rappin / La subjectivité authentique et l’illusion du « je(u) ».

    Michel Lhomme / Du jeu comme pathétique suprême.

    Document : Charles Maurras / Lettres des Jeux olympiques.

    Entretien avec Gérard Dussouy / Le Grand Jeu au xxie siècle.

    Sylvain Quennehen / Des échecs et du go.

    Guillaume Travers / Dames : l’effacement d’un jeu populaire.

    Bernard Rio / La cavalcade millénaire du cheval Mallet.

    Alain de Benoist / Le Jeu de l’Oie et la marelle : deux parcours labyrinthiques.

    Bernard Rio / Pets de carnaval !

    Le texte : Henry de Montherlant / Les Olympiques.

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  • Guerre en Iran, saison 1 : Trump 0 – Iran 1...

    Nous reproduisons ci-dessous un point de vue d'Alain de Benoist sur la guerre israélo-américaine contre l'Iran.

    Philosophe et essayiste, directeur des revues Nouvelle École et Krisis, Alain de Benoist a récemment publié Le moment populiste (Pierre-Guillaume de Roux, 2017), Contre le libéralisme (Rocher, 2019),  La chape de plomb (La Nouvelle Librairie, 2020),  La place de l'homme dans la nature (La Nouvelle Librairie, 2020), La puissance et la foi - Essais de théologie politique (La Nouvelle Librairie, 2021), L'homme qui n'avait pas de père - Le dossier Jésus (Krisis, 2021), L'exil intérieur (La Nouvelle Librairie, 2022), Nous et les autres - L'identité sans fantasme (Rocher, 2023), Martin Buber, théoricien de la réciprocité (Via Romana, 2023), Un autre Rousseau - Lumières et contre-Lumières ( Fayard, 2025)  et, dernièrement, Souveraineté nationale et souveraineté populaire (Krisis, 2026).

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    Guerre en Iran, saison 1 : Trump 0 – Iran 1

    Plus familier des terrains de golf que du golfe Persique, Donald Trump avait commencé par présenter la guerre contre l’Iran comme une « petite excursion ». Peu connu pour sa patience stratégique, il voulait faire vite. Les objectifs de départ étaient la chute du régime islamique et la destruction totale de ses capacités militaires. Quatre semaines après le début des hostilités, rien de tout cela n’est arrivé.

    Les Iraniens ont pris le contrôle du détroit d’Ormuz, et leurs côtes, longues de 1 600 kilomètres, sont truffées de missiles, de drones et d’embarcation rapides. Les Houthis du Yémen menacent de fermer à leur tour le détroit de Bab-el-Mandeb, qui verrouille l’accès à la mer Rouge. Au Liban, où l’on compte un million de déplacés (un habitant sur dix), les Israéliens ne dissimulent pas leur intention d’occuper militairement le sud du pays jusqu’au fleuve Litani.

    Le prix du brut a dépassé les 100 dollars le baril, un renchérissement dont le principal bénéficiaire est Vladimir Poutine. Les pays européens, que la Commission européenne a obligé à se couper des hydrocarbures russes, font face à des pénuries de gaz et de pétrole qui entraînent une flambée du prix de l’essence à la pompe.

    Quoique fortement et durablement affaiblis par les bombardements massifs qu’ils ont subis, les Iraniens n’ont pas cédé, bien au contraire. On a assisté à une escalade ressemblant fort à une fuite en avant. Les mouvements militaires américano-israéliens, les déclarations contradictoires de la Maison Blanche, la poursuite des frappes iraniennes, la déstabilisation des marchés de l’énergie, l’annonce d’une invasion au sol (forces spéciales ?), dessinent un scénario dont personne ne peut prévoir les conséquences, mais qui évoque les « chocs pétroliers » de 1974 et de 1979 : crise économique et financière, récession mondiale.

    Les États-Unis, qui espéraient une victoire-éclair, ne savent plus comment se tirer de ce guêpier. Les Iraniens, censés s’effondrer en quelques jours, sont à l’initiative dans tous les domaines. Le bilan de l’opération « Epic Fury » est un désastre.

    Comment en est-on arrivé là ?

    Et d’abord, pourquoi cette guerre ? Une « menace imminente » justifiant une guerre préventive ?  Laquelle ? La menace nucléaire ? Il y aura bientôt quarante ans qu’Israël annonce tous les ans que l’Iran disposera de la bombe atomique « dans quelques mois », ce qui a fini par susciter le même scepticisme que les « armes de destruction massives » attribuées au régime de Saddam Hussein. Tulsi Gabbard, directrice du renseignement national, a fait savoir le 18 mars que l’Iran n’a pas relancé ses activités d’enrichissement nucléaires détruites en juin 2025. Trump avait alors lui-même claironné que le programme nucléaire iranien avait été « totalement oblitéré ». Rafael Grossi, directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a confirmé de son côté qu’il n’y avait en ce domaine aucune menace iranienne immédiate.

    Pourquoi Trump s’est-il lancé dans cette aventure, que l’actualité du moment ne justifiait pas, en faisant preuve d’une impréparation qui a laissé stupéfaits tous les observateurs militaires sérieux ? Pourquoi a-t-il choisi, à quelques mois des élections de mi-mandat (midterms), de prendre le risque de mécontenter sa base électorale qui ne veut pas d’une telle guerre, que l’immense majorité des Américains condamne également ? Marco Rubio a sans doute fourni la réponse en laissant entendre que Trump a cédé aux pressions israéliennes exercées sur lui par Benjamin Néthanyahou le 11 février à Washington. Mais cela ne fait que déplacer le problème : pourquoi y a-t-il cédé ?

         Le 17 mars, la démission inattendue de Joe Kent, directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Dans sa lettre de démission adressée à Trump, il écrivait : « Je ne peux, en conscience, soutenir la guerre en cours contre l’Iran. L’Iran ne représentait pas une menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain ».

    La guerre a donc commencé le 28 février, avant-veille de la fête de Pourim (qui commémore la façon, racontée dans le livre d’Esther, dont les Hébreux ont échappé à un massacre projeté par les Perses), avec un assassinat ciblé (le Guide suprême Ali Khamenei) et la mort sous les bombes de 165 écolières de 7 à 12 ans (des filles de Gardiens de la Révolution), alors même qu’étaient engagées entre les Iraniens et les Américains des négociations qui, selon le sultanat d’Oman, étaient en passe de réussir (« un accord était à portée de main »).

    Mark Twain disait que « Dieu a créé la guerre pour que les Américains apprennent la géographie ». Apparemment, ils ne l’ont pas encore apprise. Trump a gravement sous-estimé ses adversaires. Il a sous-estimé la puissance et la résilience du nationalisme iranien. Il a sous-estimé la puissance militaire de l’Iran, sa solidité organisationnelle, ses orientations stratégiques.

    L’Iran n’est pas le Venezuela ni la principauté de Monaco. Ce n’est pas non plus un pays arabe : les Iraniens sont plus proches ethniquement des Européens que des Arabes, des Turcs ou des Palestiniens. L’Iran est un pays de 90 millions d’habitants, trois fois plus grand que la France, doté d’une triple identité (indo-iranienne depuis l’Antiquité, musulmane depuis le VIIe siècle, moderne depuis le XIXe siècle),  avec une société complexe, une classe universitaire de haut niveau (Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, tué le 17 mars par Israël, était un spécialiste de Kant et de Descartes), une vaste population d’ingénieurs (l’Iran en forme 230 000 chaque année), une histoire trimillénaire et des dynamiques internes qui échappent à la compréhension de la plupart des Occidentaux. C’est au Proche-Orient, avec l’Égypte et la Turquie, le pays qui, possède le patrimoine culturel le plus riche. C’est aussi la 3e réserve mondiale prouvée de pétrole et la 2e réserve mondiale prouvée de gaz. En géopolitique enfin, le plateau iranien constitue le territoire-pivot essentiel de la masse continentale eurasienne.

    Une guerre existentielle

    Ayant une vision purement transactionnelle des rapports de force, Trump ne comprend pas que les Iraniens mènent contre lui une guerre existentielle (ce qui n’est pas le cas des Américains). Il ne comprend pas leur refus « irrationnel » de capituler.  Il ne comprend pas qu’il y a des situations dans lesquelles tout deal est impossible. Il ne sait pas que la doctrine du martyre est au cœur de l’islam chiite (200 millions de croyants) depuis le massacre de Kerbala en 680 et la mort de l’imam Hussein et de ses compagnons, et qu’aux yeux des Iraniens, Ali Khamenei pèse beaucoup plus lourd mort que vivant.

    Les seuls bombardements ne peuvent permettre aux Américains et aux Israéliens de l’emporter. Des troupes au sol sont nécessaires, même lorsqu’il existe dans le régime visé une opposition solidement structurée, ce qui n’est pas le cas en Iran (ne parlons même pas de Reza Pahlavi, le fils de l’ancien dictateur, véritable marionnette du Mossad et de la CIA, qui n’a de soutiens qu’au sein de la Diaspora).

    Les Iraniens, de leur côté, ont très bien compris qu’ils n’ont pas les moyens d’affronter directement la puissance militaire des États-Unis, même s’ils ont porté des coups dévastateurs aux bases américaines de la région. Ils ont donc adopté d’emblée une stratégie asymétrique consistant à attaquer les points faibles de l’économie et de la production énergétique, avec des frappes ciblées sur les infrastructures de production et de stockage de pétrole et de gaz des pays du Golfe. S’y est ajoutée la prise de contrôle du détroit d’Ormuz reliant le golfe Persique au golfe d’Oman, passage stratégique par lequel transitent chaque jour 20 millions de barils, soit 20 % du pétrole mondial, ainsi que 20 % du gaz liquéfié.

    En guerre sans l’avoir voulu, les monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Koweit, Emirats arabes unis, dont Dubai), qui avaient bâti leur modèle de prospérité en s’en remettant à la protection des Américains se retrouvent désemparés. Leur garant de sécurité est devenu une source d’insécurité, puisque la guerre menace aussi leur modèle économique. Ils constatent avec amertume que les Américains n’ont rien fait pour les protéger des frappes iraniennes, que celles-ci visent une infrastructure pétrolière qui est leur seule vraie richesse, et que leur image de paradis touristiques et financiers est fortement écornée. Si l’escalade se poursuit et que les usines de dessalement dont dépendent leurs populations sont détruites, ces pays pourraient même devenir inhabitables.

    La disparition de fait du droit international a entraîné celle des lois de la guerre. L’assassinat ciblé de l’ensemble des membres de l’appareil dirigeant d’un État souverain membre des Nations Unies, au début d’une guerre qui n’a pas été déclarée, dont aucun pays allié n’a été informé et qui n’a même pas reçu l’approbation du Congrès (ce qui la rend anticonstitutionnelle), est sans précédent. C’est aussi une violation flagrante des Conventions de Genève de 1949, qui disposent qu’« il est interdit de tuer, blesser ou capturer un adversaire en recourant à la perfidie » (art. 39). L’élimination de près d’une centaine de dirigeants militaires et politiques iraniens, réalisée par les Israéliens grâce aux renseignements fournis par le Mossad, a été spectaculaire, mais n’a pas eu l’effet escompté. Dès le lendemain, ils étaient déjà remplacés, et pour chacun de ces remplaçants, les noms des deux successeurs suivants étaient fixés

    La seule conséquence perceptible est que la direction effective du régime iranien est passée des mains des mollahs et des ayatollahs à celles des Gardiens de la Révolution, qui disposent de leur propre armée et de leur propre économie et qui campent sur une ligne dure, puisqu’ils se disent prêts à poursuivre la guerre aussi longtemps qu’il le faudra. La non-reddition équivaut pour eux à une victoire.

    Les Iraniens se préparaient en fait à une attaque de ce genre depuis vingt ans. C’est ce qui leur a permis de mettre en place une « défense mosaïque décentralisée », principe stratégique élaboré par Téhéran après les échecs américains en Irak et en Afghanistan : les 31 centres de commandement (un par province) ont été dotés d’une capacité d’armement et d’autonomie stratégique. En cas de première frappe décapitant le commandement central, tous les centres de commandement passent en mode autonome et continuent à se battre. Dans le même temps, les capacités militaires iraniennes se sont considérablement renforcées, grâce notamment à des missiles balistiques de précision et des drones perfectionnés.

    Stratégie et tactique

    Mao Zedong, dans son livre sur la guerre révolutionnaire, écrivait fort justement que « la conception selon laquelle une victoire stratégique ne s’obtient que par des victoires tactiques est erronée ». Les États-Unis ont de tous temps confondu stratégie et tactique. Ils ont une tactique, qui consiste en une liste d’objectifs à frapper, mais ils n’ont aucune stratégie, car ils n’ont pas la moindre idée du « jour d’après », c’est-à-dire du type de paix qu’ils veulent instaurer. « Nous ne savons pas traduire nos gains militaires en accord politique », déclarait ces jours-ci Ami Ayalon, ancien chef du renseignement intérieur israélien. C’est la raison pour laquelle, depuis 1945, les Américains n’ont gagné aucune guerre. Et c’est aussi la raison pour laquelle leurs interventions en Afghanistan, en Syrie, en Irak et en Libye n’ont pas apporté la « démocratie » et la « liberté », mais la guerre civile et le chaos.

    Un autre défaut traditionnel des Américains est de croire que la supériorité militaire et technologique confère automatiquement la victoire. C’est tout simplement faux. Au plus fort de la guerre du Vietnam, le nombre des soldats américains déployés sur place atteignait le demi-million, ce qui n’a pas empêché leur défaite.

    Le coût de la guerre avec l’Iran est énorme. La puissance aérienne américaine excelle contre les grandes cibles fixes, mais peine à neutraliser les petites unités mobiles. Abattre des drones Shaheh à 20 000 dollars avec des missiles à 4 millions de dollars n’est pas le meilleur moyen de faire des économies ! Les États-Unis ont utilisé plus d’intercepteurs Patriot au cours des trois premiers jours de la guerre qu’ils n’en ont fourni à l’Ukraine en quatre ans de conflit. Les deux premières semaines de la guerre leur ont à elles seules coûté 12 milliards de dollars. La Maison Blanche veut maintenant faire débloquer 200 milliards de dollars supplémentaires pour soutenir son offensive. Tandis que les Israéliens manquent de soldats, les États-Unis manquent de munitions, de missiles guidés et de systèmes de défense aérienne (ils ont déjà fait revenir des systèmes déployés en Asie orientale et détourné des armements destinés à l’Ukraine).

    Naissance d’un axe anti-occidental

    En se lançant dans une guerre sans justification juridique, sans coalition solide et sans objectifs atteignables, Israël et les États-Unis ont ouvert la boîte de Pandore. Leur décision va accentuer la multipolarisation du monde et favoriser la formation d’un axe anti-occidental orienté vers la Chine et la Russie. De deux choses l’une : soit Donald Trump trouve une porte de sortie honorable lui permettant de maquiller sa défaite en « grande victoire militaire », mais il est vraisemblable qu’en pareil cas Israël voudra poursuivre la guerre, sinon en Iran, du moins au Liban. Soit il cherche à anéantir un pays héritier d’une civilisation trois fois millénaire, avec tous les risques d’escalade et d’enlisement que cela comporte. Dans les deux cas, le risque est grand de voir le chaos s’étendre à tout le Proche-Orient.

    N’oublions pas enfin que, dans cette affaire, si l’attaque de l’Iran a été menée conjointement par Israël et les États-Unis, leurs objectifs depuis le début ne sont pas les mêmes. Le plan initial de Donald Trump était de détruire la puissance militaire iranienne, afin de conclure ensuite un accord de paix, tandis que Néthanyahou recherche à la fois un changement de régime et le démembrement de l’Iran, afin de s’assurer d’une hégémonie sans partage au Proche-Orient. En d’autres termes : Trump n’exclut pas la paix, Néthanyahou n’en veut pas. Il veut seulement continuer à bombarder et à tuer. Dans l’immédiat, l’État d’Israël – qui vient de rétablir la peine de mort pour les seuls Palestiniens – s’inquiète de la mise en place d’un axe Arabie saoudite-Turquie-Pakistan-Egypte qui lui serait hostile. Le 1er avril, Donald Trump a menacé de renvoyer l’Iran « à l’âge de pierre ». Le calme n’est pas près de revenir dans la région.

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  • Que reste-t-il de notre identité nationale ?...

    Le nouveau numéro de la revue Éléments (n°218, février - mars 2026 ) est en kiosque!

    A côté du dossier consacré à une identité nationale de plus en plus évanescente, on découvrira l'éditorial d'Alain de Benoist, les rubriques «Cartouches», «Le combat des idées» et «Panorama» , un choix d'articles variés et des entretiens, notamment avec Olivier Zajec, Xavier Raufer, John Howe, Pierre Vermeren, Jean-Michel Delacomptée et Olivier Germain-Thomas ...

    Et on retrouvera également les chroniques de Xavier Eman, d'Olivier François, de Laurent Schang, de Nicolas Gauthier, d'Aristide Leucate, de David L'Epée, de Bruno Lafourcade, de Guillaume Travers, d'Yves Christen, de Bastien O'Danieli, d'Ego Non et de Bernard Rio...

     

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    Éditorial
    Diversité et « diversité » Par Alain de Benoist

    Agenda, actualités

    L’entretien
    Olivier Zajec : « Washington est dominé par un sentiment d’urgence » Propos recueillis par Daoud Boughezala

    Cartouches
    Mes lectures Par Alain de Benoist

    L’objet disparu : Dinky Toys contre Norev Par Nicolas Gauthier

    Une fin du monde sans importance Par Xavier Eman

    Cinéma : À pied d’œuvre. Vive le cinéma social français ! Par Nicolas Gauthier

    Curiosa Erotica : amours artificielles au Japon Par David L’Épée

    Champs de bataille : ne les appelez pas rustauds (II/II) Par Laurent Schang

    Uranie, l’Odyssée (chapitre XI) Par Bruno Lafourcade

    Polars : Yasmina Khadra, du képi au roman noir Par Gérard Landry

    Littérature Les choix d’Anthony Marinier

    Un homme, une revue : Olivier Frèrejacques Propos recueillis par Xavier Eman

    Le droit à l’endroit : sous la couette, le Code pénal Par Aristide Leucate

    Économie Par Guillaume Travers

    Yves Lepesqueur et les mirages de la modernité globale Par Olivier François

    Bestiaire : Kanzi, le bonobo qui savait faire semblant Par Yves Christen

    Sciences Par Bastien O’Danieli

    Le combat des idées
    Face à Donald Trump : l’Europe au pied du mur de l’Atlantique Par Alain de Benoist

    Xavier Raufer : Jeffrey Epstein, le libertarien qui se prenait pour un surhomme Propos recueillis par Nicolas Gauthier

    Néoréaction : influence réelle ou fantasme médiatique ? Par Gabriel Piniés

    Réconcilier peuple et nation : la souveraineté selon Alain de Benoist Par Xavier Eman

    Romans-sur-Isère : chronique d’une partition française Par Daoud Boughezala

    Quand les bars-tabacs disparaissent Par Anthony Marinier

    Alain Supiot et l’empire des chiffres Par Guillaume Travers

    Carl Schmitt face à l’illusion romantique Par Alain de Benoist

    Peter Singer, les eaux glacées du calcul altruiste Par Jacques Fierbois

    Dans la tour de John Howe et du Seigneur des anneaux Propos recueillis par Thomas Gerber

    Pour ou contre l’expressionnisme allemand Par Gabrielle Fouquet et Jacques Bressler

    Xavier Eman, la fin du monde en mode grinçant Par Anthony Marinier

    Rebecca West dans la poudrière balkanique Par Daoud Boughezala

    Malaparte, sentinelle de la vieille Europe Par Daoud Boughezala

    Erich Maria Remarque, le premier bourgeois bohème Par Christophe A. Maxime

    Hugues Rebell, païen, hédoniste et réac Par David L’Épée

    Dossier
    Peut-on encore être français ?

    Pierre Vermeren : « Nous avons cessé de croire en nous » Propos recueillis par Thomas Hennetier

    L’identité de la France. Relire Braudel à l’âge liquide Par Thomas Hennetier

    Il suffit de passer le pont… Sur les chemins noirs de France Par Anne-Laure Blanc

    Des mots pour dire la France. Regards croisés sur l’âme nationale Par la rédaction

    Jean-Michel Delacomptée : « La grandeur française passe par sa langue » Propos recueillis par Olivier François

    « Racines contre racines », la France selon Olivier Germain-Thomas Propos recueillis par Oliver François

    Panorama
    La leçon de philo politique : la pensée d’Edgar Julius Jung Par Ego Non

    L’almanach des fêtes et traditions populaires : la Belle de Mai Par Bernard Rio

    Pourquoi une philosophie politique civilisationnelle ? Par Frédéric Saint Clair

    Éphémérides

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  • Xavier Eman, observateur de la fin de l'Occident...

    Pour notre grande joie, les éditions de La Nouvelle Librairie viennent de faire paraître un troisième volume d'Une fin du monde sans importance, le recueil des chroniques que Xavier Eman publie tous les deux mois dans la revue Éléments. On y trouvera une préface d'Alain de Benoist et une postface de Michel Marmin. C'est toujours aussi drôle, grinçant, cruel et... bien vu.

    Rédacteur en chef de la revue Livr'arbitres et rédacteur en chef adjoint de la revue Éléments, Xavier Eman,  outre ses recueils de chroniques intitulés Une fin du monde sans importance (Krisis, 2016 et la Nouvelle Librairie, 2019), est l'auteur d'un polar, Terminus pour le Hussard (Auda Isarn, 2019), d'un recueil de pensées décapantes, Hécatombe - Pensées éparses pour un monde en miettes (La Nouvelle Librairie, 2021) et d'une enquête, Formatage continu - Tour de France des quatorze principales écoles de journalisme (OJIM/Nouvelle Librairie, 2024).

     

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    " Nous réclamions un nouveau coup de défibrillateur sur notre monde à l’agonie, Xavier Eman nous l’offre avec son troisième volume des Chroniques d’une fin du monde sans importance.
    Avec son acuité habituelle et sa verve incisive, il brosse le portrait acerbe d’une humanité à la dérive, creusant indéfiniment un trou sans fond.
    Face à l’apocalypse molle que cette société nous donne en spectacle, mieux vaut encore rire que pleurer. À travers des saynètes aussi absurdes qu’étrangement familières, ce livre nous invite à observer, tels des naturalistes, les déboires d’urbains et de campagnards désabusés par une société où la beauté et la grandeur ne semblent plus avoir leur place.
    Fidèle à lui-même, Xavier Eman décrit ainsi une humanité en perdition, non par jouissance ou par complaisance, mais pour tenter de l’extirper de la torpeur dans laquelle elle s’enlise depuis trop longtemps."
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